Notre modèle de société mise beaucoup sur les capacités de l’individu. L’individualisme, doctrine qui place au premier plan les capacités d’un individu et la croyance selon laquelle tous les individus (ça fait beaucoup d’individus!) ont d’égales chances de s’épanouir dans le cadre du capitalisme, a fait son temps. Je a fais son temps, à nous de jouer.

…Mais encore?

Parlons des limites de l’individu.

Notre civilisation a exploité toutes les sphères de développement personnel.

Par exemple, l’offre alimentaire, depuis ces dernières décennies, nous propose toute sorte de produits internationaux, des super aliments, des fruits frais et biologiques en hiver (!), etc. Il n’y a pas si longtemps que ça, nos grands-parents mangeaient des conserves, du chou, des courges et de la viande durant l’hiver.

En complément à une offre alimentaire diversifiée et exceptionnelle, on retrouve dans les magasins de produits naturels toute sorte de compléments, suppléments, produits qui renforcissent un aspect de notre corps, du kombucha, etc. Bref, des choses vraiment bonnes pour la personne.

On peut se nourrir de toute sorte d’aliments et de suppléments à longueur d’année. Mais à quel coût? On sait que la mondialisation, eh bien, ce n’est pas très durable (dans le sens de développement durable) comme modèle. Socialement : les conditions de travail et salariales des producteurs sont parfois douteuses, on encourage moins nos producteurs locaux ; économiquement : si on achète des choses d’autres pays, ça fait moins de sous dans notre pays;  l’environnement : il faut produire et transporter ces bonnes choses, qui possèdent donc une énergie grise élevée.

Continuons les sphères de développement personnel.

Le yoga connaît un essor depuis quelques années. J’aime bien. On retrouve aussi toute sorte de programmes d’entraînement adaptés au besoin de l’individu.

L’industrie du cinéma mise beaucoup sur les pouvoirs de l’individu. Les films de superhéros, de problèmes résolus par un nobody, la vedette d’une épopée telle qu’Harry Potter, entre autres, démontrent cette emphase – ou obsession – pour les capacités de la personne.

Évidemment, l’industrie de l’emploi fait son écho aux précédentes. On regarde le CV de l’individu, on le juge avant, pendant et après son entrevue, on évalue ses capacités, son attitude, ses connaissances techniques… tout tourne autour de l’individu.

Bref.

J’essaie simplement de démontrer que notre modèle social mise sur les capacités et les possibilités d’une personne donnée. Mon emploi, mon char, ma maison, ma famille, mes bobos, mes problèmes, mes défauts…

On a atteint la limite.

En tout cas, moi, j’ai atteint ma limite.

À quel point veut-on « booster » les individus? Devenir des super hommes, wow! On est rendu à développer des organes synthétiques pour prolonger la vie de l’individu… Quel en sera le coût social?

Qu’est-ce qu’une personne seule? Si on prend l’analogie de l’arbre qui tombe dans la forêt et que personne n’est là pour l’entendre, est-ce que l’arbre tombe réellement?

Seuls, nous mourrons. Je ne connais pas personne qui fait tout à la maison. Générer son électricité, produire sa nourriture et entretenir sa maison, juste ces trois choses-là sont de bonnes occupations… Sans compter les besoins psychosociaux inhérents à l’humain.

De toute façon, personne ne veut ça. Vivre en autarcie solitaire est un concept irréel et déconnecté de l’humain.

Lors d’une soirée magique dans mon coin de pays, je me disais, en me promenant dans un quartier résidentiel et voyant toutes ces belles maisons avec des beaux chars pis un beau gazon vert « bin drette », que c’est donc bien rendu triste tout ça. Tout le monde a ses affaires, personne n’a le droit d’aller chez vous sans y être attendu (c’est qui ça?), pis garde ta neige et tes feuilles sur ton terrain, j’ai assez de choses à faire de même. J’avais vraiment envie de courir sur tous les terrains, me rouler sur le beau gazon, crier que la Terre est à tout le monde… Bref, j’ai continué ma marche.

Venons-en au propos du texte. Je n’ai plus envie de me soucier tout le temps de mes affaires, de ma famille, de ma maison, de mes bobos… De toute façon, m’en soucier continuellement les aide à me créer du souci. C’est ça, l’ironie. En ayant trop d’énergie pour travailler sur mes choses, je me crée – à la limite – plus de problèmes que de solutions.

J’ai besoin – nous avons besoin – de vivre en synergie avec les gens qui nous entourent. Attention, synergie ne rime pas avec harmonie (bien, en fait, ça rime, mais ç’a n’a pas le même sens). Coordonner ses activités avec des gens pour que tout un chacun y trouve son compte (financier, social, environnemental) plutôt que de vouloir que tout soit parfait relève de la synergie.

De toute façon, la perfection existe seulement dans nos têtes… Une autre discussion.

Les symptômes sociaux de la covid existaient avant le début de cette maladie. Les règles sanitaires ont simplement activé ou dévoilé cette division sociale qui régnait dans l’ombre de la gloire de l’individu.

Nous avons tellement misé sur les capacités de l’individu que nous avons délaissé nos valeurs sociales : écoute, entraide et empathie, entre autres. Se voir en personne nous amène à nous parler; se parler nous amène à nous comprendre; se comprendre nous amène sentir les besoins de l’autre; sentir les besoins de l’autre nous amène à faire des compromis.

Je reconnais l’humanité de l’autre dans sa vulnérabilité, et surtout en présentiel (pour prendre un mot à la mode, mais j’aime mieux dire vrai). Donc, en vrai, je deviens sensible à l’autre. En reconnaissant sa vulnérabilité ou, dans une mesure plus douce, ses besoins, je suis apte à l’aider.

Bon, se ramener à nous ne signifie pas d’aider tout le monde et de s’oublier, mais plutôt de considérer l’autre dans notre ensemble. Notre vivre ensemble dépend de moi, de l’autre, de l’inconnu, du taré (est-il vraiment taré, ou n’est-ce que de l’ignorance?). Travailler sur nous contribue nécessairement à un meilleur mode de vie pour tous.

Attention, j’ai bien dit travailler sur nous, et non sur l’autre. Le travail sur l’autre demande de grandes capacités d’introspection : discernement, détachement des valeurs, maîtrise de soi… De toute façon, j’ai assez de travail avec moi (vraiment?). Bref, encore une fois, une autre discussion.

Qu’est-ce qui est bon pour nous, alors?

En tout cas, un de nos besoins primordiaux est de communiquer en vrai, de pratiquer des activités, d’aller aux festivals, de philosopher, d’orienter nos actions politiques, etc.

Merci au gouvernement d’accentuer la division du nous pour un super je. Fantasme impossible de toute façon, car la limite de l’individu est beaucoup plus basse que la limite d’un groupe.

Discuter de nos différends, prendre une bière et œuvrer dans la même direction contribuent au nous sain et synergique. L’harmonie pourrait même suivre!

Donner trop de pouvoir à l’individu crée des inégalités énormes, comme nous le vivons en ce moment. On critique beaucoup le passé, comme quoi les individus vivaient pauvrement et dans des conditions atroces, mais l’écart entre les riches et les pauvres est plus grand aujourd’hui.

J’ai des limites à travailler sur moi. La méditation et l’exercice n’y peuvent rien si je ne m’inscris pas dans une démarche collective. Autrement dit, pourquoi est-ce que je prendrais soin de moi si je vis seul – donc, si je ne vis pas réellement – dans mes idées et mes projets?

Les enfants nous le montrent bien. Ils cherchent la connexion à tout prix, ils attirent notre attention (pas toujours de la bonne façon!) pour connecter, avoir un échange entre humains. Inspirons-nous de nos enfants pour recréer notre humanité.

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