Je suis le maître de mon destin
C’est ce que j’ai pensé
Jusqu’à ce qu’un moment donné
Ça n’ait plus de sens
Je perdais l’essence
Les arômes de la vérité
Pour danser
Avec l’utopie de l’autodétermination
Comme si j’étais le seul
À exister
Et que les autres êtres
Servaient mon épanouissement
Est-ce qu’une fleur peut s’épanouir
Sans être butinée?
Est-ce qu’un arbre
Peut grandir sans eau, sans soleil?
On dira peut-être
Que des humains ont fait
Des expériences douteuses en laboratoire
Pour me prouver le contraire.
Tant pis ou tant mieux
S’ils veulent jouer à Dieu
Mais le commun des mortels
Est interconnecté
N’en déplaise
Aux représentants des grands cerveaux
Qui pètent plus haut que le trou
Pour qui se prennent-ils?
Oui, nous avons du pouvoir
Ça fait des années
Que j’essaie de le communiquer
On a le choix
De nos relations
De nos actions
De notre consommation
Trois petits points s’en vont loin
Mais, il y a aussi
Les signaux
Le salut des feuilles
Lors des balades du deuil
De nos échecs
Les paroles de nos frères et sœurs
Réconfortantes ou acérées
Elles couvent parfois nos ambitions
Elles scindent parfois nos actions
Elles nous blessent, parfois
Parce qu’on fait trop d’efforts
Sans tenir compte des signaux
Déterminé à atteindre l’objectif
On affaiblit notre organisme
On fracture les composantes
De l’unité vivifiante
L’unité – non pas des idées
Je ne suis pas communiste
L’unité entre soi, les autres, la terre et le divin
Ça se cultive
Comme un jardin
Si on ignore ses besoins
Il nous parle moins
Jusqu’à ce qu’un beau matin
On se lève, sans-dessein
Pris au piège
Dans l’illusion du mini-dieu

L’exploitation de l’âme
Soutirer toute notre vitalité
Pour produire
Un gage de qualité

